le père dans l'allaitement

Nous parlons souvent de la mère lors du rapport avec l’allaitement et la maternité en général et effectivement la nature a tout prévu pour celle-ci. Mais qu’en est-il du père (conjoint ou conjointe) ? Ce thème colle totalement je trouve, au thème de la semaine mondiale de l’allaitement « L’allaitement maternel : racines de vie ». Un enfant a deux racines principales qui le relient à la vie : ses deux parents.

Bien souvent, nous entendons que le père (conjoint ou conjointe) n’a pas son rôle dans l’allaitement, pas sa place, qu’il ne pourra pas jouer son rôle d’homme et nourrir son enfant, qu’il en serait même “exclu”. Il peut même ressentir une forme de jalousie ou de frustration… La réalité est tout autre!

En effet, à l’inverse de la mère le rôle du père est un peu plus complexe. Souvent ils mettent bien plus de temps à réaliser leur future paternité. Rien de concret avant l’arrivée du fameux chérubin. Bon, les échographies aident bien à se rendre compte que quelque chose se trame, mais une fois de plus, difficile de se dire que bientôt ce petit être qui pousse sera parmi nous.  Se laissant parfois submerger par la peur de l’inconnu, les papas peuvent se retrouver perdus. Le petit être tant attendu venant au monde, se pose rapidement la question de l’alimentation : biberon ? allaitement ? Dans notre société occidentale, l’allaitement étant peu répandu, bien souvent les familles se tournent vers le biberon soit par méconnaissance, soit à cause de bon nombre de mythes et croyances ayant la vie dure…!

Certains pères (conjoint ou conjointe) sont même contre l’allaitement, soit d’une part, car ils pensent n’avoir aucun rôle à jouer dans cette merveilleuse aventure, soit par pudeur, ne souhaitant pas voir leurs femmes exhiber leurs attributs (en sexualisant donc les seins et en oubliant leur fonction première : nourrir les bébés). 

Et oui, l’allaitement existe depuis la nuit des temps et nous sommes faites pour ça !

Alors quel rôle papa (conjoint ou conjointe) peut il avoir ?

Se renseigner avec sa conjointe lors de la grossesse :

– Se rendre à des cours de préparation à l’allaitement en maternité

– Se rendre à des réunions de La Leche League (ou association indépendante)

– Lire des livres, sites, blogs…

– Rejoindre le groupe des papallaitants sur Facebook

– Rencontrer une sage femme ou une consultante en lactation…

Lors de la grossesse et de l’accouchement, le père (conjoint ou conjointe) est un pilier inestimable. L’accouchement passé, maman et bébé risquent d’être très fatigués physiquement et psychologiquement. C’est là que vous, les papas (conjoints ou conjointes), entrez en matière, prenez soin de maman :

– Faites-lui des massages, préparez-lui un cocon douillet pour allaiter / se reposer

– Préparez-lui un bon repas (une commande au restaurant fera l’affaire, promis)

– Apportez bébé à maman la nuit, ainsi vous participez également à ces moments nocturnes

– Si vous êtes en cododo, faites faire le rot à bébé, cela pourra soulager maman (tous les bébés allaités ne font pas systématiquement de rots mais en cas de besoin cela peut soulager maman) 

– Faites taire les mauvaises langues 

– Aidez votre femme à prendre confiance en son rôle de mère

La maman risque d’être en proie à de nombreux doutes, remises en questions, la fatigue et le baby blues aidant, votre soutien lui sera précieux. Elle souhaitera peut-être tout arrêter, aidez-la à se recentrer, à se reposer et prendre le temps de réfléchir de façon posée en pensant au bien de l’enfant et aux bienfaits de cet allaitement à long terme. Si vous deux êtes en accord avec vos choix, l’allaitement a d’autant plus de chance de réussir! 

Il y aura forcément des hauts et des bas. L’allaitement n’est pas toujours un long fleuve tranquille… Mais à deux on s’en sort toujours mieux. Papa pourra également prendre en charge la gestion de la maison, l’aide au ménage, la préparation de repas, le fait de s’occuper des aînés… En bref, le rôle de père (conjoint ou conjointe) ne se résume pas qu’à nourrir son enfant et heureusement!

Celui-ci va bien plus loin que ça, il pourra tout à fait créer une relation rien qu’à lui : allaitement ou biberon peu importe, cela n’y change rien. Un enfant ne se résume pas qu’à son mode d’alimentation. Un bébé a besoin d’amour, de sécurité, de câlins, de présence… Papa (conjoint ou conjointe) pourra par exemple :

– Donner le bain, faire les soins à bébé (cordon, massage, change…)

– Faire faire le rot après la tétée, l’endormir en le berçant

– Le porter en écharpe ou le balader en poussette

– Faire du peau à peau ou une sieste ensemble

– Prendre part aux rendez-vous chez médicaux

– Le moment venu, vous pourrez vous mettre d’accord pour que papa (conjoint ou conjointe) donne les premières purées par exemple… Ou prépare les repas de bébé dans le cadre de la DME (Diversification Menée par l’Enfant) !

A vous les mamans de laisser papa (conjoint ou conjointe) prendre son rôle, laissez le/la tisser ce lien si précieux, il ne fera certes pas comme vous mais bébé a aussi besoin pour son bon développement de vivre différentes expériences! Laissez-leur des moments rien qu’à eux, profitez-en pour vous reposer et prendre soin de vous. N’oubliez pas non plus votre conjoint(e) en tant qu’homme / femme. Nous avons tendance à être très fusionnelles avec nos bébés et quoi de plus naturel! Mais n’oublions pas que ce bébé nous l’avons désiré et fait à deux. Prenez soin de votre couple pour l’harmonie de votre famille. Tout cela va demander une bonne dose d’organisation, mais avec beaucoup d’amour nous pouvons déplacer des montagnes!

Qu’en est il lors des absences de maman, comment donner le précieux lait maternel ?

Et bien sachez encore une fois que le biberon n’est pas forcément nécessaire (et rappelons le il peut entraîner un risque de confusion sein-tétine : une fiche sera créée à ce sujet). Vous pourrez alors selon l’âge du bébé ou bambin donner le lait avec une tasse 360 par exemple, ou encore un DAL (Dispositif d’Aide à la Lactation), une cuillère, une pipette, au verre… il existe de nombreuses alternatives plus ou moins connues mais fonctionnant tout aussi bien. Maman pourra tout à fait tirer son lait afin que vous puissiez le donner en son absence. 

Nous le savons, le lait maternel est ce qu’il y a de mieux pour l’enfant. Laissez votre femme / conjointe s’épanouir pleinement dans ce nouveau rôle en l’accompagnant du mieux que vous pourrez et vous y arriverez, je n’ai aucun doute là dessus. Ainsi, vous lui ferez un merveilleux cadeau en l’accompagnant dans cette belle aventure. Et puis vous verrez, vous y trouverez vous aussi votre compte, vos moments rien qu’à vous!

Mais vous serez également heureux de ne pas avoir à porter un sac à langer deux fois plus lourd que la moyenne (ben oui, le lait, les biberons, l’eau… ça pèse mine de rien!). Pas besoin de courir à la pharmacie de garde à 3h du mat car il n’y a plus de lait, maman à tout sous la main. Vous pourrez même de temps en temps en profiter pour dormir (de temps en temps j’ai dit!), et oui pas besoin de se lever pour faire les biberons en pleine nuit… Pas non plus de corvée de nettoyage, stérilisations etc. Sans parler des économies! 

Les premiers mois seront peut-être difficiles pour vous car bébé et maman seront fusionnels lors de ces moments de tétées, mais profitez-en pour faire des câlins à trois et contempler ce que la nature a fait de plus beau. Une femme qui donne la vie et nourrit votre enfant de son or blanc est un merveilleux cadeau. Faites-vous confiance, vous donnez le meilleur à votre enfant. 

L’allaitement est un vrai travail d’équipe.

Pour finir cet article je vous propose deux témoignages. Le premier celui de Nathan, mon conjoint et papa de Léo notre fils de 13 mois, un soutien de chaque instant. Un vrai papallaitant! Le second celui de Marie-Charlotte, conjointe de Stéphanie, toutes deux mamans de Alix, 7 mois. 

Merci pour votre lecture. 

Julie.

« Au début je ne me posais pas trop la question de l’allaitement, ma conjointe se renseignait beaucoup et je lui faisais entièrement confiance. Plus le temps passait et plus je me passionnais pour l’allaitement. Déjà pour son côté naturel, immunitaire, et aussi pour son côté câlin et affectif. Je ne me suis jamais senti mis de côté et même si parfois j’aurais voulu moi aussi le nourrir, je sais que c’est le mieux pour lui. Au fur et à mesure, j’ai trouvé, avec l’aide de ma conjointe des activités à partager avec mon fils! Telles que le bain, la sieste, la lecture, les jeux… Jusqu’à ce qu’il ait l’âge d’être diversifié et que je puisse à mon tour le nourrir. 
L’allaitement a vraiment été une révélation pour ma conjointe et ça renforce ce lien entre un enfant et sa maman. A chaque fois que je le vois téter, cela me rend heureux et fier. J’ai toujours soutenu et défendu ma conjointe devant nos proches réticents et aujourd’hui quand je vois mon fils, je ne regrette rien. » – Nathan –

« Stéphanie allaite bébé. Je me rappelle les yeux ahuris de ma belle-mère… Allaiter c’est rétrograde, vieux jeu, animal. La vision sur l’allaitement varie beaucoup suivant les expériences de chacun(e), à l’échelle sociétale ou familiale dans laquelle nous vivons. Tous, nous avons un univers préconçu par rapport à l’allaitement, puis réel du fait de l’expérience. Pour nous, pour notre bébé, nous avons fait le choix de l’allaitement maternel, en tout cas de sa tentative. Car il faut bien se l’avouer au début, ce n’est pas évident ni pour maman, ni pour bébé, ni pour personne. Pas de manuel, pas de bouton « on ». Plusieurs jours de frustrations car il y a beaucoup d’efforts répétés et peu de lait, d’où un bébé affamé. Il faut des explications multiples et patientes du personnel soignant, des encouragements de sa famille, de son conjoint. Ma compagne a eu besoin de soutien et d’enthousiasme derrière elle tout au long de l’allaitement. L’allaitement crée un lien physique, immédiat, vital avec l’enfant qui exclut de fait la conjointe. Ce n’est pas quelque chose d’aisé au quotidien car il y a une déception à ne pas créer de lien. Je me sentais parfois spectatrice d’une action à laquelle j’aurai aimé participer. Pourtant,  le lien  se fait par d’autre biais. Par d’autres moments privilégiés comme le bain, le jeu, les grimaces. En réalité, le lien se fait partout, petit à petit, sans qu’on s’en rende compte. Il emprunte seulement des chemins moins évidents. Une grossesse est rare dans la vie d’une femme. Je pense qu’elle doit aller jusqu’au bout de son expérience maternelle si elle le souhaite et si bébé en a envie bien sûr.»-Marie-Charlotte @demande_a_tes_meres 

Julie.

INSTAMUM : @mum.of.le

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