Article SMAM Fanny

Dans le cadre de la Semaine Mondiale de l’Allaitement Maternel, nous avons décidé de rédiger des articles abordant divers aspects de l’allaitement. Le thème de cette année étant “L’allaitement maternel : racines de vie”, j’ai décidé de me porter sur la vision de la société par rapport à tout ça.

L’allaitement vu par une petite fille

Quand je repense à mon enfance, je me rappelle que je jouais avec mon poupon et je le nourrissais au biberon, car c’était la norme pour moi à l’époque. Petite fille nourrie exclusivement au lait artificiel (suite à deux échecs d’allaitement de ma maman), je n’avais jamais vu ou entendu parler d’allaitement auparavant. Dans la continuité de mon enfance, je me souviens avoir vu quasiment que des bébés nourris au biberon autour de moi. Quand on y pense, c’est là qu’on réalise que la normalisation de l’allaitement peut se jouer à peu de choses. Il suffit de côtoyer de près un bébé allaité pour que cela soit plus dans notre norme, dès le plus jeune âge.

Quand je suis tombée enceinte, la question de l’allaitement s’est rapidement posée. Je pensais au mixte au début, n’y connaissant absolument rien à la confusion sein-tétine. Puis je me suis renseignée, j’ai lu beaucoup, et j’ai vite choisi l’allaitement exclusif avec une grande détermination. Mais tout le monde n’a pas la force, le temps et l’envie de partir à la recherche de toutes ces informations seul…

L’omniprésence des industriels

Par contre, nous connaissons tous des marques de lait artificiel sans se renseigner. Nous avons tous déjà vu des publicités à ce sujet, des bébés heureux de boire leur biberon à la télévision ou dans les magazines de puériculture. Nous croisons régulièrement des énormes rayons de boîtes diverses et variées, que ce soit dans les grandes surfaces ou les pharmacies, ainsi que leurs affiches qui vont avec. Sans parler de la diversité folle d’articles de puériculture dans le domaine : des biberons plus ou moins high-tech, aux chauffe-biberons, jusqu’au distributeur de lait à dosette digne d’une cafetière moderne. Mieux encore, nous avons même des échantillons distribués gratuitement dans des box pour mamans, ou des goodies offerts par les grandes marques (peluches, bavoirs, etc).

C’est donc très clair, l’information n’est pas équilibrée entre lait maternel et lait artificiel. Cela en grande partie à cause de la montée en puissance du marketing commercial ces cinquante dernières années. Les budgets des associations en soutien à l’allaitement sont dérisoires par rapport aux grandes firmes alimentaires! Sans parler du fait que les professionnels de santé sont grandement impliqués dans la promotion des laits artificiels, sans forcément en avoir conscience, souvent influencés par des marques (formations, évènements voire contreparties).

Au niveau national, un plan de santé publique de PNNS (Programme Nationale Nutrition Santé) 2017-2021 comprend divers points concernant l’allaitement. Une des directives est de réaliser des actions de communication conçues selon les pratiques du marketing. De cette manière, l’information sur l’allaitement serait partagée de la même manière que les publicités des industries agroalimentaires afin de toucher davantage de personnes.

Combattre les préjugés

Quand on y réfléchit, ce sont avant tout des a priori sur l’allaitement qui apeurent certains parents, souvent par manque de connaissances. De nos jours, le biberon est perçu comme l’objet symbolique pour représenter le bébé. Il est d’ailleurs souvent utilisé comme logo, tellement sa signification est simple et efficace pour tout le monde. Comme si un bébé sans biberon n’était pas envisageable. Sans oublier qu’il est souvent signe d’indépendance, vu que n’importe qui peut le préparer et le donner à l’enfant, même si la mère est absente.

Il y a également le fait de connaître la quantité de lait donnée au nourrisson qui est très appréciée par les professionnels de santé. L’idée d’un allaitement à la demande (pourtant primordiale pour un allaitement réussi) est souvent très méconnue et incomprise. Les pédiatres préférant “réguler les tétées” en quantifiant le nombre et la durée au quotidien. Ces conseils de pédiatres ont failli me gâcher notre allaitement, je sais de quoi je parle. La formation et l’information des professionnels est donc primordiale car c’est eux qui sont les premiers à réagir en cas de problème.

L’aspect esthétique ressort très souvent également, sous-entendu que l’allaitement “abimerait la poitrine” alors que ça n’est pas plus le cas qu’une maman non-allaitante. Ce sont les fluctuations hormonales et les divers changements du corps (perte/prise de poids, grossesse, traitements hormonaux…) qui modifient la poitrine, et non l’allaitement !

Sans oublier que de nos jours, la société a un gros souci de sexualisation du sein. Ce qui fait que l’allaitement dans les lieux publics peut parfois être compliqué en fonction des remarques et réactions des passants. L’idéal serait d’arriver à la normalisation, afin de rappeler à tous la fonction première du sein qui est de nourrir son enfant.

Une amélioration constante malgré tout

Il est vrai qu’il y a beaucoup de freins à l’allaitement dans notre société actuelle. Malgré cela, le taux d’allaitement en France ne cesse d’augmenter. Ce qui prouve la persévérance et le besoin de se battre davantage pour cette cause.

Dans les années XX, environ 50% des bébés étaient allaités à la naissance. En 2017, ce taux est monté à 70,5%, ce qui est une très bonne nouvelle ! Il faut maintenant persévérer dans la durée, car la moyenne se situe à 15 semaines en 2012 (ce qui coïncide beaucoup avec la reprise du travail de la maman).

Nous sommes doucement en train de changer les choses, chacune d’entre nous a son rôle à jouer pour aider. Rien que le fait d’en parler, de s’informer, de partager, de lire cet article est une petite graine qui permettra d’avancer vers la normalisation ! Ayons confiance en nous, pour que nos enfants, eux, n’aient pas besoin de se poser de questions.

Fanny.

INSTAMUM : @itsme_funny

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